Le blog d'une maman bio dans la presse: Interview pour le magazine ELLE sur le homeschooling

13 mai 2013

Il y a quelques semaines, j'ai répondu à une interview pour le magazine ELLE.


Je vous retransmet ici les questions posées.

"Pour commencer, j'ai besoin de quelques éléments personnels : votre âge, parcours professionnel, quelques infos sur là d'où vous venez et comment vous avez été élevée. Le parcours professionnel de votre mari.

En ce qui concerne vos enfants, il me faudrait leur âge et leur prénom (ou pseudos, si vous préférez).

Êtes-vous allée à l'école? Comment l'avez-vous vécu?

Comment vous est venue l'idée de l'école à la maison pour vos enfants? Pourquoi ce choix?

Qu'en ont dit vos proches?

Êtes vous opposée au système scolaire?

Comment se passe une journée type "école à la maison"?
Comment vos enfants réagissent-ils?
Donnez-vous les cours vous-même?
Comment construisez-vous le programme?
Comment le vivez-vous?
Êtes-vous satisfaite du résultat?
Quelles connaissances (dans les grandes lignes) vos enfants ont-ils acquis?
Vos enfants sont-ils soumis à un quelconque contrôle de l'Education Nationale?

Pouvez-vous me parler un peu de votre mode de vie, de l'environnement dans lequel vous vivez?

Quels sont les inconvénients de l'école à la maison? Vos enfants passent-ils du temps avec d'autres enfants de leur âge en dehors de la maison?

Pourquoi ce besoin de leur faire l'école vous-même?"


Et voici ma réponse:

"J’ai 30 ans.
J’ai travaillé comme dessinatrice technique spécialisée dans le piping avant de suivre mon mari comme expatriés au Kenya et puis en Afrique du Sud.
Mon fils C. est né en Belgique et ma fille Z. au Kenya.
Ils ont aujourd’hui 3 ans et demi et 20 mois.
Je viens d’une famille traditionaliste, j’ai été élevée “à l’ancienne”.
Valorisation de la performance sportive et intellectuelle et déni des moments de faiblesse.
Je me suis forgée conformément ce qu’on attendait de moi, pour espérer avoir de la reconnaissance de la part de mes parents.
J’ai toujours été une bonne élève à l’école, j’ai terminé mes études avec les options grec/mathématiques sans problèmes majeurs.
Toutefois, je me suis toujours ennuyée à l’école. Ma curiosité des choses et du monde a très peu trouvé réponse dans le système scolaire.

J’ai mis un vrai moment, arrivée à l’âge adulte, à découvrir qui je suis vraiment.
J’ai également du apprendre par moi-même à gérer mes émotions : les identifier, les gérer sans les enfuir, et aussi apprendre à les verbaliser.

L’arrivée de mon fils m’a fait lire beaucoup de livres, comme je ne voulais pas reproduire le schéma d’éducation familial.
Je me suis remise en question et j’ai découvert avec bonheur qu’il existe une façon d’envisager le rôle de parent en douceur, et non pas en force.
Le maternage est entré dans notre vie.
J’aime penser que la nature, la Vie, est passée à travers nous pour donner naissance à des êtres qui ont leur propres spécificités dès le berceau.
Ils ne nous appartiennent pas, pas plus que nous avons le droit de leur imposer une façon d’être.
Notre rôle de parents est de les accompagner sur le chemin de la vie et de les aider à se construire, se réaliser et acquérir des facultés d’adaptation.
L’école à la maison est venue d’un souhait de préserver leur plaisir d’apprendre.
Comme le dit si bien John Holt, l’enfant n’a pas besoin d’enseignement pour apprendre, il le fait naturellement par curiosité et à travers le jeu.

Nos proches étaient inquiets de notre façon d’élever nos enfants au début. Entre temps, il ont eu l’occasion de constater comme C. et Z. sont éveillés au monde et équilibrés.

Je ne suis pas opposée au concept de l’école, par contre je suis radicalement contre la façon dont elle est mise en œuvre en Belgique.
J’ai vu les étoiles qui brillaient dans les yeux de nombreux enfants s’éteindre à leur entrée à l’école.

Nous avons adopté la philosophie « Unschooling » pour notre école à la maison. Donc en fait, pas d’école…
Nous suivons les curiosités des enfants et leur donnons plus d’informations quand la demande se présente.
Mon fils parle deux langues, et compte jusque 14 en commençant à appréhender les quantités, à 3 ans et demi. C’est venu tout seul, sans aucun bourrage de crâne ou leçon à répéter.
Nous avons par exemple été voyager au temps de dinosaures hier, suite à la curiosité de mon fils par rapport à la forme de ses pâtes.
Ce qui me tient particulièrement à cœur avec l’école à la maison est de leur offrir l’apprentissage de la vie quotidienne, ce qui manque cruellement à l’éducation nationale.
Il prennent du plaisir à cuisiner, jardiner, faire les tâches ménagères avec moi. Toujours sans obligation, ils mettent la main à la pâte s’ils le souhaitent.
Ils aiment peindre, dessiner, bricoler, fabriquer des histoires et des mondes imaginaires, faire des puzzles,…
Nous ne sommes heureusement pas soumis à un contrôle d’apprentissage, j’ai cru comprendre combien ces contrôles peuvent être emprunts de violence et je me réjouis d’habiter à l’étranger.

Nous allons chaque semaine à la plaine de jeux, tous les mercredis, et à un groupe de jeu de familles pratiquant l’école à la maison, tous les vendredis.
Nos enfants ont des amis, dans différents pays, comme nous voyageons beaucoup.
Notre fonctionnement repose sur la confiance et l’amour inconditionnel, enrobés de douceur et de curiosité.

Le principal inconvénient à mes yeux de l’école à la maison est l’énergie considérable que ça me demande.
Il y a des jours où je retournerais bien travailler, m’asseoir tranquillement à un bureau… ça fait rêver…
Mais je pense que ce que je fais est important. Je leur offre le temps de rêver et de se construire tels qu’ils sont et non tels que la société souhaiteraient qu’ils soient.
C’est un enchantement de voir le monde à travers leurs yeux, ils m’ont appris énormément de choses et m’ont réappris à m’émerveiller.

Il y aura encore du travail dans 5, 10, 15 ans, mais à ce moment-là, il sera trop tard pour revenir en arrière et leur consacrer du temps."






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