Quand ça ne se passe pas comme prévu... On s'adapte...

7 mai 2011

Mon fils est né à l'hôpital, avec une sage-femme libérale qui nous a accompagné dans la salle « naissance naturelle », où tout est fait pour pouvoir lâcher prise.

L'accouchement avait été long et difficile, mais j'y avais appris mon courage et ma force, en tenant jusqu'au bout sans anesthésie, malgré la perfusion d'ocytocine pour accélérer les choses et les presque deux heures de poussée.
C'est grâce à cet accompagnement en douceur et cet environnement calme que j'avais pu déconnecter et laisser mon corps sécréter ce qu'il faut pour « tirer la prise ».


J'avais donc supposé que cette fois-ci, malgré que je sois suivie par une gynécologue et que les salles d'accouchement naturel n'existent pas au Kenya, ça allait se passer aussi naturellement et peut-être même un peu plus facilement.
Je rêvais même d'un accouchement à la maison « forcé » par la rapidité des choses...


Que nenni!
Les contractions douloureuses (cela faisait des semaines que j'avais des contractions « d'entrainement » bien trempées) ont commencé samedi matin.
Mardi matin, après 3 jours et demi sans repos et avec des contractions toutes les 5-8-10 minutes selon le moment, j'ai senti une accélération.
Contractions toutes les 3 minutes, régulières et plus intenses... Moment de migrer vers la maternité...

On se met en route et, sans surprise, l'agitation du départ espace et réduit les contractions.
Vient alors le stress d'avoir le même cas de figure que pour Corentin: des jours de contractions et un col fermé...

Arrivés à la maternité, bonne surprise, on en est déjà à 5 cm... c'est bientôt fini... wouhouououh!


On patiente, dans cette salle aseptisée, entourés de matériel médical, et j'essaye d'accueillir les contractions et de me laisser aller, mais forcés de constater que ce n'est pas évident.

6 heures plus tard et autant de contractions, le col n'a pas bougé (il a même perdu 1cm) et je suis au bord de l'épuisement.


Vient alors le dilemme: est-ce qu'on rentre à la maison, pour revenir dans 2 jours pour un probable déclenchement avec un col qui se sera peut-être refermé et sans avoir dormi, ou est-ce qu'on met de l'ocytocine pour « en finir ».
Je sentais au fond de mes tripes qu'il fallait qu'elle sorte, mais je n'avais pas le courage d'affronter la tempête de contractions dues à l'ocytocine sans anesthésie.

J'ai demandé une péridurale pour tenir le coup malgré l'épuisement. Sur le coup, j'en ai pleuré toutes les larmes de mon corps mais avec le recul, je ne le regrette vraiment pas.

On a posé la péridurale (quel stress!), mis la perfusion et, 45 minutes plus tard et 3 poussées, Zoé était dans mes bras.
J'ai solidement morflé malgré la péridurale, je n'ose imaginer ce que ça aurait donné sans.


Cet accouchement m'aura appris la nuance et la tolérance.

Mon avis sur la péridurale s'est nuancé: 
je pense qu'il faut partir dans l'idée qu'on fait sans, qu'on va lâcher prise et faire confiance à notre corps... mais que quand ça ne fonctionne pas, il faut aussi accepter notre condition humaine et savoir s'autoriser à dire stop.

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